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Jeudi 3 avril 2008

C’était un matin comme je les déteste…
Disette de poiscaille, pluie oblique infâme,

J’étais sorti de ma gouttière à rebrousse-poil.


Dans l’coin on m’appelle « Amadeus la Teigne » :

Amadeus, rapport à ma médaille autour du cou,

La Teigne… j’vous laisse deviner,
Alors aucun commentaire sur ma pelure mouillée !!!

J’faisais ma descente chez l’poissonnier,

lorsqu’un tintouin de tous les diables,

Qui v’nait de la rue d’à côté,

me bourdonna dans l’esgourde.

Je me suis dit :

« Allez, tant pis pour cette sole qui m’fait de l’œil…

Si il y a de la pétarade dans l’air,
Y’a Amadeus la Teigne ! Amadeus le Cogneur !

Amadeus le Dur ! »

Au bout de la rue, j’en croyais pas mes mirettes.

On avait pas vu une telle réunion de matous,

Depuis la visite du chat botté !


Stoïque, j’me suis frayé un chemin

Au milieu de ce tas de miauleur en rut…

 

Et là je l’ai vu !

Une minette bien peignée, une aguicheuse de compét’

Une pépette bien roulée…

 

J’ai joué des coudes et des griffes pour faire taire mes compères

J’ai posé une guibolle à terre et j’lui ai dit :

 

«  Oh Ginette, quand j’te vois, J’ai l’palpitant qui s’emballe !

T’as des yeux d’ange mais j’crois que t’es une tigresse…

Et quand tu regardes la teigne comme ça,

ben il devient doux comme un agneau.

J’vais pas te la faire façon cantate sous l’balcon,

mais toi et moi, J’crois qu’on va partager plus qu’un poisson. »

 

J’me suis rapproché d’elle la bouche en cœur,

Mais v’la que la gamine me tourne le derrière et les talons.

 

J’ai bien cru qu’elle allait s’la tchave 
en  m’laissant là comme une vieille chaussette…

Mais au bout de la rue elle s’arrête :

 «  J’m’appelle pas Ginette mais Miss Princess’
J’suis pas une pépette mais une Diablesse.

 

Les durs, les tatoués, j’les ai pratiqué…

Et chaque fois c’est la même cuisine !
Ils te roulent les mécaniques pour t’apprivoiser,
Et dés qu’on leur a céder, y’s’font la malle avec la voisine.

Alors laisse moi continuer ma route,

Et toi gamin, trace ton chemin. »

 

Et juste avant mon champ de vision, j’ai rétorqué :

 

«  Ben tu vois, Miss Princess’

Des bourre-pifs, des ramponneaux,
J’men suis pris dans les chicots,

Mais comparé à toi, c’était des caresses !

Sûr que j’y met pas toujours les formes,

Mais pour une fois, ce que je ressentais pour toi,

C’était du lourd, du vrai…

 

Je vais tailler ma route et tant pis,
car j’vais garder pour une autre,

Tout l’bonheur que je voulais t’offrir. »

 

Une larme de crocodile à l’œil j’allais partir,

 lorsqu’un dernier pincement au cœur,

Me fit tourner la tête…

Elle me mattait avec un grand sourire.

 

« En fait sous ton air de gros matou,
se cache un p’tit minet…

A peine sorti de l’œuf, pas franchement terminé.

On t’appelle peut-être le cogneur,

Mais j’suis sure que dans ses jupes,
Ta maman te surnommais le pleureur.

Mais t’as de la chance parce que j’aime tes cicatrices,
Pas les balafres que tu portes en vitrine,

Mais plutôt celles que tu gardes en coulisses…

Allez viens Amadeus le tendre,

C’est ma tournée chez l’poissonier ! »

publié dans : Petites histoires
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Commentaires

Comme Miss Princess' pour Amadeus la Teigne, tu me fais ronronner trop grave!!!!
commentaire n° : 1 posté par : ... sur le sable de Saint Malo le: 03/04/2008 16:33:50
trop beau Julien ... trop beau ...  té ! je me sens le coeur léger ce matin ...  bisous

commentaire n° : 2 posté par : sylviane le: 04/04/2008 09:09:25

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