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Ma tête se fatigue, et le torticolis me guète, Mais quel est ton visage ? Je sais que patience et longueur de temps Te voir enfin est mon souhait maintenant. |
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Il fait noir à présent. Les réverbères s’allument calmement alors qu’un serveur est en train de refermer, non sans peine, les lourdes portes vitrées de son café. Juste avant que ce dernier ait accompli sa tâche herculéenne, quelques notes de musiques s’évadent de l’intérieur. C’est un joueur de jazz qui fait cavaler ses doigts longilignes sur sa guitare. Son visage est grave, ses yeux sont ailleurs. Sa cigarette se consume lentement dans le cendrier posé à côté de lui et le glaçon de son whisky fond inéluctablement sous la chaleur ambiante. « Clap, clap, clap ! ». Le morceau vient de se finir. Il baisse la tête humblement pour remercier son auditoire, s’essuie dignement le front avec un mouchoir puis entame un nouveau morceau interminable. Son public est très hétéroclite… il se compose d’un petit couple qui, hormis les « pauses bisous » toutes les trente secondes, l ’écoute attentivement ; d’une table de touristes allemands qui parlent très forts ; de quelques habitués du bar en pleine discussion et d’une gamine de 19 ans qui le dévore du regard. Il faut dire qu’il n’est pas trop mal ce guitariste, et puis la musique à souvent le pouvoir de donner un certain charme à celui qui la joue bien ! Il est minuit passé. Après un bref discours qui se résume comme tous les soirs à : « merci », le musicien remballe sa guitare dans son étui, remet sa veste, termine son whisky et le pose sur le comptoir en criant machinalement : « A demain soir André, bonne nuit ! », puis se dirige vers la sortie. A ce moment précis, la gamine, sa groupie du soir, lui bloque le passage. Elle lui sourit, le regarde très vite puis roule les yeux vers le haut, vers le bas, vers lui, vers la gauche… Au bout de quelques secondes, elle se décide enfin à lui dire timidement : « Bonsoir… j’aime beaucoup votre musique… je voulais le dire… que j’aime… » « Merci » lui répond-t-il.
Un grand silence s’installe… « Nous pourrions peut-être… boire… un verre ensemble ? » lui demande la fille. Le musicien, jusqu’alors si grave et inébranlable derrière sa guitare, venait de se transformer en un petit garçon dans un magasin de friandises qui n’osent pas demander ce qu’il veut à la vendeuse ! L’air ahuri, les pommettes rouges écarlate, le souffle court, il bredouille à la fille en se passant nerveusement la main dans les cheveux : « J’suis désolé… heu… mais on m’attend… heu… j’dois filer… j’peux pas… mais… pt‘être un aut’soir ? Allez, au revoir ! » Et la fille lui répond : « Oui, un autre soir… enfin peut-être ! ». Puis il est sorti du café et s’en est voulu. Chaque fois, c’est le même cinéma. Dés qu’une fille s’intéresse à lui, il perd tous ses moyens. Il bafouille ou n’ose jamais lui avouer ses sentiments, et ça le rend malade ! Souvent, il se console en imaginant que quelque part existe la femme de sa vie et qu’elle l’attend, qu’elle ne vit que pour lui. Le jour où il la rencontrera, il le saura… il saura que c’est elle. Alors, il n’aura plus peur et ils s’aimeront éperdument. Le monde pourra s’écrouler autour d’eux, leur passion restera intacte. Là des ses bras, il pourra s’abandonner, elle le libérera de touts ses doutes et lui, la soignera de toutes ses peines. Là dans ses bras, il pourra vivre sans crainte car il l’aura trouvé. En attendant, il marche seul dans la rue et personne ne l’attend. |
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C’est fou ce qu’elles peuvent m‘énerver,
Et comme les autres peuvent s’enchaîner,
Et puis toutes celles que je laisse passer, Et encore d’autres que j’ai désiré,
Il y a celles qui résonnent toujours, Celles qui me promettent du bonheur,
Celles qui me disent c’est juste un jour,
Celles qui ne font qu’une heure !
Celles qui ne tiennent qu’une minute, Comme tant de paroles peu fécondes, Qui disent que la vie est une dure lutte Pour laquelle j’exhibe ma faconde. Enfin il y a celles qui tiennent, Même pas un centième,
Qui mérite même pas un regard,
Tellement elles donnent le cafard ! Mais lorsque je te découvrirais, Dans ma course moins vagabonde , J’espère que celle là durera, Au moins juste une seconde. |
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