Entends-tu ces prairies pleines à craquer
de fleurs et de vents doux qui chantent sur ton passage ?
Les vois-tu maintenant, les océans et ces terres
que tu nous as tellement racontées ?
Tu sais les copains, les putains de guerres,
la marine et puis un peu la famille aussi…
T’avais toujours une phrase ou deux
Sur le coin de la langue, histoire de nous emmener
Loin dans tes souvenirs, accrocher tes valises à nos rêves.
Tu es venu me le dire cette nuit,
Que tu as été heureux d’une vie bien remplie.
D’ailleurs je suis sûr qu’en ce moment tu voyages,
Tu regardes la terre dans l’éternité de nos sursis,
Sûr que t’as déjà refait ton tour du monde,
Pour moi ça fait pas un pli.
Moi j’me rappelle surtout des ballades avec toi,
de la pêche, des cabanes en bois, des arcs et des flèches.
Je les entendais pas dans ta voix,
les balles des fusils,
Je les voyais pas dans tes yeux,
les coups durs, tout les instants pourris.
Le dernier, je l’ai vécu à côté de toi,
Peut-être même avec toi,
C’était le plus difficile de tous les combats,
Celui qu’on ne gagne pas.
Excuse-moi si je pleure un peu mais c’était dur de te voir ainsi.
Tu sais, bientôt un ange viendra poser un doigt sur ta bouche,
Et tu verras tout recommencera !
Tout petit bébé, tu pousseras d’énormes cris
Car bien sûr, tu auras la même soif de la vie.
Peut-être qu’on se recroisera…
Mais juste avant que tu oublies,
Je voulais te dire Papy,
Que tu m’as appris bien plus que tu ne le crois.
Ton gamin qu’est tellement fier de toi.
A Camille, dit Titi,
Mon grand-père,
13 avril 2011.
Julien Weber.